La néophobie alimentaire : un stade déroutant

La néophobie alimentaire est un trouble de l’alimentation sélective, où seul un groupe restreint de produits est consommé. Chez l’enfant, cela se manifeste d’abord par le refus de goûter voire la peur panique de manger ce qui est nouveau. Comment en repérer les symptômes ? Quelles sont les causes de ce dégoût des aliments ? Pour mieux comprendre cette phobie alimentaire, nous allons aborder les différents stades du trouble ainsi que les causes possibles.

Repérer la néophobie alimentaire de l’enfant

La néophobie alimentaire est un problème très répandu chez l’enfant, qui disparaît généralement en grandissant. Pour certains cependant, ce trouble persiste jusqu’à l’adolescence et il existe même des adultes qui en sont atteints. Il est donc important de repérer les signes de la néophobie afin de mieux la comprendre et tenter d’y apporter des solutions.

Symptômes et manifestation de la néophobie du tout-petit

Comment détecter les symptômes de la néophobie ? Chez le bébé, cela va d’abord se manifester par des difficultés lors de la diversification alimentaire. Le tout-petit pleure, grimace et peut même recracher. Bref, il refuse les nouveaux goûts et textures qui lui sont présentés pendant le repas.

Les difficultés peuvent aussi apparaître ou bien s’amplifier lors du passage à l’alimentation solide. Vers 2 ou 3 ans, il est normal de passer par cette étape du refus de goûter. Toutefois, si après 4 ans l’enfant manifeste encore une crainte, voire un dégoût face à certains produits, une véritable phobie de la nourriture est peut-être en train de s’installer.

La néophobie alimentaire par Doctissimo

Points d’alerte pour repérer la phobie alimentaire enfantine

Pour repérer si votre enfant est susceptible de souffrir d’une phobie alimentaire, certains points d’alerte sont à prendre en compte :

  • L’enfant préfère certaines textures. Il favorise notamment les aspects lisses et les liquides aux purées épaisses et aux préparations contenant des morceaux (type yaourts aux morceaux de fruits, soupes ou potages épais, etc.).
  • L’enfant ne mange que certains groupes d’aliments et exclut totalement ou partiellement les autres. Par exemple, il ne mange que des féculents et quelques viandes blanches, mais aucun légume ni viande rouge.
  • Il n’accepte que les produits de certaines marques bien définies. Il refuse de manger des aliments identiques qui auraient simplement un emballage ou une provenance différente de ceux habituellement consommés.
  • Il effectue des tris. Si plusieurs produits sont mélangés dans son assiette, il rejette les aliments qu’il déteste. Il peut même refuser de manger l’ensemble du plat si les différents produits se sont touchés.

Ces points doivent vous alerter si au moins deux d’entre eux sont encore repérés après 6 ou 7 ans.

Identifier le niveau de néophobie alimentaire de l’enfant

Dans le cas où la difficulté ne s’atténuerait pas avec l’âge, on peut vite se trouver désemparé face à son enfant. Effectivement, sans parvenir à comprendre la réticence à goûter de nouveaux aliments, il est compliqué d’y trouver une solution.

Avant de parvenir à cela, il est d’abord important d’identifier le niveau de néophobie de l’enfant. Trois stades peuvent être différenciés.

Besoin de goûter avant de manger

Quasiment 1 enfant sur 2 en maternelle et au début de l’école élémentaire se situe dans cette tranche. Tant qu’il manifeste une ouverture envers les nouveaux aliments, cela ne pose généralement pas de problème sur le long terme. Même à l’âge adulte, il est normal d’avoir besoin de goûter plusieurs fois un nouvel aliment avant de déterminer si on l’apprécie réellement ou non.

C’est donc un stade normal lié à notre instinct de survie. L’être humain est par nature méfiant face à l’alimentation inconnue. Le fait de goûter avant de consommer en grande quantité évitait à nos ancêtres préhistoriques l’empoisonnement.

Mon enfant mange toujours la même chose – La Maison des Maternelles

Réticence importante à goûter : l’enfant « petit mangeur »

Lorsque l’enfant éprouve une réticence importante à goûter de nouveaux aliments, cela peut devenir handicapant au quotidien. Invité chez des amis ou au restaurant, on dit de lui que c’est un « enfant qui ne mange rien ». Il grimace et détourne la tête, mais va tout de même essayer le nouveau produit s’il y est très fortement incité.

Il ne s’agit pas encore de dégoût mais plutôt d’une crainte, d’une peur de manger ce qui est nouveau. L’enfant « petit mangeur » ne consomme généralement qu’en quantité restreinte mais parvient au bout du repas. Cette situation concerne environ 1 enfant sur 3.

Refus catégorique d’intégrer de nouveaux aliments

Au stade le plus haut, la phobie alimentaire est installée. Autrement dit, l’enfant émet un refus catégorique d’intégrer de nouveaux aliments. S’il ne consomme que certaines marques, ou certaines catégories, on peut parler aussi de trouble de l’alimentation sélective.

À ce niveau, l’enfant est susceptible de rester des heures à table sans toucher à son assiette. Il peut développer ce qui s’apparente à une crise de panique à l’idée de goûter et développer des symptômes importants tels que des nausées et réflexes vomitifs. Non pris en charge, ce trouble peut perdurer à l’adolescence et même à l’âge adulte.

“La néophobie alimentaire n’est pas un caprice” par Doctissimo

Comprendre la peur de goûter et ses causes

Comprendre les causes de la peur de goûter est complexe car elles sont nombreuses. Elles peuvent être autant d’ordre physique que psychique, mais pas seulement.

De manière générale, chaque personne développe sa propre sélectivité alimentaire. Certains n’aiment pas les aliments amers, d’autres détestent les textures en gelée. Le facteur environnemental, culturel ou encore l’éducation peuvent ici entrer en jeu. Les habitants d’Amérique du Sud et de certains pays asiatiques n’ont généralement aucune réticence à manger des aliments piquants, tandis que les Européens y sont moins accoutumés.

Mais dans tous les cas, si vous détestez un aliment, vous serez capable de le manger, même à contrecœur. Un néophobe, lui, sera incapable de le goûter et encore moins de le mâcher ou l’avaler.

La cause de la néophobie n’est donc pas uniquement liée à l’influence de l’environnement. On parlera alors de troubles de l’oralité. Ce peut être en partie des problèmes physiques qui concernant la succion, la mobilité de la langue ou la mastication. Cela peut aussi provoquer une hypersensibilité aux textures, à l’aspect des aliments ou même à leur odeur.

Soigner l’enfant qui ne mange rien

Qui consulter pour « soigner » l’enfant qui ne mange rien ? Rendez-vous d’abord chez votre médecin traitant qui vous orientera si nécessaire vers un spécialiste. En cas de troubles de l’oralité, un orthophoniste peut notamment apporter des pistes et proposer des exercices à votre enfant. Il peut être question de lui apprendre à se familiariser avec les aliments : accepter de les sentir ou de les toucher par exemple.

La néophobie reste malgré tout encore peu connue. Souvent mal acceptée, il est pourtant nécessaire de comprendre qu’il s’agit d’un véritable trouble alimentaire et non d’un caprice afin de trouver des traitements et solutions adaptés.

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