À la naissance, un bébé voit flou et distingue surtout ce qui est très contrasté, à 20 ou 30 cm de lui, à peu près la distance du visage de la personne qui le porte. Sa vue s'affine ensuite très vite. Les quatre mobiles suivent ce progrès. On les suspend au-dessus du tapis où il est éveillé, et il les regarde. Il n'est pas censé les toucher.
La fiche à imprimer
Les quatre mobiles, leur ordre, les règles d'installation et de sécurité tiennent sur une page.
Fiche des quatre mobiles, 1 page A4
Les quatre mobiles dans l'ordre
- Le mobile de Munari, de 0 à 6 semaines. Des formes géométriques en noir et blanc et une sphère transparente qui accroche la lumière. Le nouveau-né voit encore peu les contrastes faibles. Le noir et blanc franc est ce qu'il lit le mieux.
- Le mobile des octaèdres, vers 6 semaines. Trois octaèdres rouge, jaune et bleu, à des hauteurs différentes. Les couleurs sont franches et très différentes entre elles. Les facettes changent d'aspect quand le mobile tourne, et donnent à voir un volume.
- Le mobile de Gobbi, vers 8 semaines. Cinq sphères d'une même couleur, de la plus foncée en bas à la plus claire en haut, souvent couvertes de fil brillant. Le regard doit maintenant distinguer des écarts faibles. C'est la première série ordonnée que rencontre l'enfant.
- Le mobile des danseurs, vers 3 mois. Quatre silhouettes en papier brillant qui reflètent la lumière. Quand le bébé agite les bras, l'air les fait bouger. Il découvre peu à peu que c'est lui qui provoque ce mouvement.
Un seul mobile à la fois. On passe au suivant quand le bébé ne s'intéresse plus au précédent, les âges ne sont que des repères.
Installer un mobile
- Au-dessus du tapis, pas du lit. Le mobile se regarde pendant les moments d'éveil, sur le tapis d'éveil. Le lit et le couffin sont pour dormir, et rien ne doit y être suspendu.
- À 25 ou 30 cm de sa poitrine pour le mobile de Munari, là où il voit net. Un peu plus haut pour les suivants, jusqu'à 30 ou 40 cm, à mesure que sa vue progresse.
- Un peu sur le côté de son regard, pour lui donner une raison de tourner la tête. Changez de côté de temps en temps.
- Retiré dès qu'il se retourne ou se redresse sur les bras. À partir de là, il peut attraper le fil.
Choisissez une pièce claire. La sphère du Munari, le fil brillant du Gobbi et le papier des danseurs ne font rien dans la pénombre.
Regarder le bébé regarder
Installez le mobile quand le bébé est éveillé et calme, quelques minutes au début. Restez près de lui sans parler par-dessus ce qu'il regarde. Quand il détourne les yeux, s'agite ou baille, c'est fini pour cette fois. Certains bébés fixent un mobile longtemps, d'autres y jettent un coup d'œil. Un bébé qui réagit peu n'a rien d'inquiétant, l'intérêt varie beaucoup d'un enfant à l'autre et d'un moment de la journée à l'autre. Le mobile des danseurs est souvent celui qui provoque le plus de sourires et de mouvements des bras.
La sécurité
- Jamais au-dessus du lit ni du couffin.
- Jamais à portée de main. Dès qu'il peut l'atteindre, même du bout des doigts, il est mal placé.
- Retiré dès qu'il se retourne ou se redresse. Un fil qu'il peut attraper est un risque de strangulation.
- Fixation vérifiée, fil court. Au plafond ou à une potence stable, jamais à un objet simplement posé.
Après les mobiles
Vers 4 ou 5 mois, le bébé veut attraper, tenir, porter à la bouche. Les mobiles laissent la place aux objets à saisir, un anneau de bois suspendu à hauteur des mains, puis la balle de préhension posée à portée. Le panier de trésors vient plus tard, quand il tient assis seul. Le cadre général est décrit dans l'environnement préparé de 0 à 3 ans.
Fabriquer les mobiles
Les quatre se fabriquent avec peu de choses. Du carton épais, une règle, de la peinture noire et une petite boule de verre pour le Munari. Du papier cartonné de couleur plié en octaèdres. Des boules de bois et du fil de broderie dans cinq nuances d'une même couleur pour le Gobbi. Du papier holographique et une découpe soignée pour les danseurs. Du fil de nylon et des baguettes fines pour l'équilibre. Fabriqués à la maison, ils s'adaptent à la lumière de votre pièce.
D'où viennent les mobiles
Aucun des quatre n'a été conçu par Maria Montessori. Le mobile de Munari porte le nom de Bruno Munari, artiste et designer italien, qui construisait dès 1933 des « machines inutiles », des objets suspendus en équilibre libres de bouger dans l'air. Ce sont des œuvres, pas du matériel éducatif, et le monde Montessori les a adoptées bien plus tard. Le mobile de Gobbi porte le nom de Gianna Gobbi, qui travailla avec Maria Montessori au début des années 1950. Les octaèdres et les danseurs n'ont pas d'auteur connu. Ils se sont transmis dans les formations Montessori pour les tout-petits. Leur intérêt tient à leur principe, une seule nouveauté à la fois, pas à leur signature.