Une lettre est faite de quelques gestes : un trait qui descend, un rond, un pont, une boucle. Le graphisme entraîne ces gestes un par un, avant que l'enfant ait à se soucier de la forme d'une lettre ou de son nom. Sur chaque fiche, le geste est mis en scène pour qu'il ait un sens : on ne trace pas « des vagues », on fait avancer le bateau.
Les gestes du graphisme en 13 pages à imprimer
À l'impression, choisir « taille réelle » ou 100 % : les fiches sont dessinées à taille réelle, au millimètre.
Les douze fiches
- Les traits : verticaux avec la pluie, horizontaux avec les voitures, obliques avec les piquants du hérisson.
- Les ronds : les bulles des poissons, à refermer sur leur point de départ.
- Les ponts et les coupes : les bonds de la grenouille de nénuphar en nénuphar, et les guirlandes de la fête.
- Les vagues, les zigzags et les créneaux : le bateau sur la mer, les montagnes, les remparts du château.
- Les boucles et les spirales : la fumée du train et les coquilles des escargots.
- Ma frise, deux gestes combinés, puis des lignes libres pour inventer.
Chaque fiche se lit de la même façon : la ligne en couleur est le modèle, les lignes de points gris se repassent en partant du point vert, et la dernière ligne n'a plus que le point de départ. L'enfant retrouve la même organisation d'une fiche à l'autre et sait tout de suite quoi faire.

Avant le crayon
Un geste se découvre avec tout le corps avant de passer sur une feuille. On le trace en grand dans l'air, avec le bras tendu, en le disant : « je monte, je descends ». Puis avec le doigt, dans un plateau de sable, de semoule ou de mousse à raser. Puis au gros crayon sur une grande feuille au mur ou au sol. La fiche vient en dernier, quand le geste est connu, et la ligne modèle se suit d'abord avec le doigt.
C'est le principe des lettres rugueuses : la main mémorise un mouvement en le faisant, bien plus qu'en le regardant.
Le crayon et la posture
Un crayon gros et court, de préférence triangulaire, se tient plus facilement qu'un crayon fin et long. Un feutre glisse sans qu'on ait besoin d'appuyer, ce qui soulage les enfants qui serrent fort. On regarde la tenue plutôt que le résultat : le crayon pincé entre le pouce et l'index, posé sur le majeur, la main détendue. Les pieds à plat, le dos droit, la feuille légèrement inclinée et tenue par l'autre main.
Une fiche par séance suffit largement. Une main qui fatigue se crispe, et le geste se dégrade : mieux vaut s'arrêter et reprendre le lendemain. Glisser la fiche dans une pochette transparente avec un feutre effaçable permet de recommencer sans réimprimer.
Du graphisme à l'écriture
Le graphisme n'apprend pas à écrire, il apprend à la main ce dont l'écriture aura besoin. Les traits et les ronds servent surtout aux lettres capitales, les ponts, les coupes et les boucles aux lettres cursives, et les spirales à faire tourner le poignet. Quand l'enfant demande à écrire son prénom ou les premières lettres, il est temps de passer au son des lettres, expliqué dans apprendre le nom ou le son des lettres. Pour continuer à tracer en suivant une direction, la suite est dans les chemins et labyrinthes.